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Que faire face aux véhicules qui tuent ? La société algérienne est confrontée aujourd’hui à une contradiction sérieuse. Signe de bien-être et de progrès économique et social, l’acquisition grandissante de véhicules s’est accompagnée d’une insécurité routière très élevée. L’Algérie est placée aux premières loges en matière d’accidents de la route. Elle est en effet classée première au Maghreb et au monde arabe, et au 4e rang dans le monde. Durant le premier trimestre de l’année en cours, l’Algérie a enregistré 9 500 accidents de la route, soit une légère hausse de 2,94% par rapport à la même période de l’année 2008. En revanche, le nombre de décès (951) a, lui, connu une baisse de 2,66% par rapport à l’année dernière, tandis que le nombre des blessés est resté
sensiblement le même : 13 814 personnes blessées durant les trois premiers mois de 2009 contre 13 811 pour la même période en 2008. Alors que le nombre d’accidents de la route est presque le même en ville (4 251) et en campagne (4 754), les décès sont plus nombreux en milieu rural (762) qu’en zone urbaine (189). Ces chiffres, réalisés par le Centre national de la prévention et de la sécurité routières (CNPSR), ont été livrés le 1er juin dernier à Alger, par le ministre des Transports, Amar Tou, lors des travaux du colloque scientifique sur les expériences arabes et internationales dans l’organisation de la circulation, qui a duré trois jours. Le bilan 2008, quant à lui, fait état de 40 481 accidents de la route causant 4422 décès et 64 708 blessés. Dans sa comparaison entre 2007 à 2008, Amar Tou a remarqué une augmentation du nombre des accidents (+ de 2,3%), des décès (+ de 5,84%) et des blessés (+ de 5,87%), l’année passée. Même le coût des accidents de la route, estimé à 100 milliards de DA en 2007 (1,3 milliard de dollars) revient cher au Trésor public. En Algérie, les accidents de la circulation sont dus à 89% au facteur humain, contre 5% à l’environnement et 6% aux défaillances des véhicules. La perte du contrôle du véhicule, l’excès de vitesse, la négligence des piétons, les dépassements dangereux, le non-respect de la distance de sécurité et les manœuvres dangereuses sont ainsi les principales causes de la plupart de ces accidents. Sans oublier l’usage du téléphone portable au volant et la conduite en état de fatigue, de stress ou d’ivresse. Sur le registre médical, les médecins et chirurgiens révèlent que 80% des victimes des accidents de la route décèdent de traumatismes crâniens. Cette situation est des plus paradoxales, quand on sait que l’Algérie enregistre une insuffisance en matière de structures adaptées et de neurochirurgiens, pour la prise en charge des malades souffrant de traumatismes crâniens. Dans ce décor macabre, les auto-écoles sont accusées de laxisme dans leur formation des candidats. Il y a de quoi ! Selon le CNPSR, les catégories de véhicules impliqués, en 2008, dans les accidents de la route sont : les véhicules de tourisme représentant 73,65% des accidents, les poids lourds (12,87%), les motocycles 6,81%, tandis que les transports en commun et les taxis sont à l’origine de seulement 4,72% des accidents. |